Par un communiqué en date du 22 février 2012, le BFCA [Bureau Français de la Cause Arménienne] annonce que « Richard Ananian et Mourad Papazian, les co-Présidents de la FRA Dachnaktsoutioun, ont rencontré François Hollande le lundi 20 février. Au cours de l’entretien, François Hollande a réitéré son soutien à la cause arménienne. Concernant le passage de la loi anti-négationniste devant le Conseil constitutionnel, François Hollande a regretté qu’un nombre suffisant de parlementaires ait pu être réuni pour la saisine des Sages. » Il est effectivement regrettable qu’une majorité de parlementaires socialistes ait saisi le Conseil Constitutionnel pour faire invalider la loi Boyer pénalisant la négation des génocides. Mais il est surtout dommageable que le candidat socialiste ne fasse aucune déclaration solennelle sur ce sujet sensible, laissant ainsi l’initiative des déclarations les plus fortes et les plus claires à son adversaire politique Nicolas Sarkozy. On cherchera en vain sur le site de campagne de François Hollande une quelconque prise de position officielle critiquant le négationnisme d’Etat de la Turquie diffusé sur le territoire français. Celui qui « a démontré concrètement son attachement à notre cause, notamment par la constance de sa position concernant la loi sanctionnant la négation du génocide arménien » se doit, d’une part, de sortir du cadre arméno-arménien pour communiquer et d’autre part, ne pas estimer que l’on peut se satisfaire de quelques citations parues dans l’hebdomadaire Marianne. Et ce d’autant plus que plusieurs élus socialistes – dont Pierre Moscovici, le directeur de campagne de François Hollande – sont membres de l’Institut du Bosphore, think tank franco-turc qui a oeuvré activement pour saboter la loi.
Le site officiel du Parti Socialiste n’a rien mis en ligne sur ces thématiques mis à part un laconique message de soutien à Valérie Boyer, qui ne fait pas même état de la loi pour laquelle l’élue a reçu des menaces. Mais force est de constater que le site officiel PS de la Fédération des Français de l’étranger est, lui, [malheureusement] plus prolixe. Qu’on en juge plutôt avec le communiqué inquiétant (à lire à la suite de celui du BFCA) posté le 20 décembre 2011 et qui indique : « Si la discussion sur le fond reste ouverte sur l’aspect « linguistique » de l’appellation du « grand massacre » (expression commune aux Arméniens et Turcs), cette initiative arrive à contre temps dans le processus en tant que tel. Au delà des débats légitimes que nous devons tous avoir, il s’agit aussi (surtout ?) de deux populations, la turque et l’arménienne, qui souhaitent aujourd’hui cohabiter pacifiquement sur un territoire et ne plus être les otages de leur passé qui est discuté à l’autre bout de l’Europe ou du monde en les laissant payer les conséquences par une pauvreté et un dénuement dont ils souhaitent tous sortir. »
Les députés et sénateurs socialistes, les responsables associatifs de gauche, qui se sont engagés avec détermination sur le chemin difficile de la pénalisation du négationnisme du génocide arménien, méritent un soutien affiché et officiel des plus hautes autorités de leur formation politique. Et les électeurs socialistes ont le droit de connaître la force des engagements du PS, autrement que par le prisme de la FRA Dachnaktsoutioun. A moins d’estimer que ce débat ne concerne pas l’ensemble du peuple de gauche en France, mais uniquement « deux populations, la turque et l’arménienne ».
A deux mois de la Présidentielle, il est grand temps de parler avec force et conviction. Et de ne pas attendre le résultat de la Saisine du Conseil Constitutionnel pour le faire.
François Hollande a confirmé son engagement devant les représentants de la FRA
Richard Ananian et Mourad Papazian, les co-Présidents de la FRA Dachnaktsoutioun ont rencontré François Hollande le lundi 20 février. Au cours de l’entretien, François Hollande a réitéré son soutien à la cause arménienne. Les représentants de la FRA ont abordé avec le candidat à la présidentielle les sujets les plus brûlants du moment. Concernant le passage de la loi anti-négationniste devant le Conseil constitutionnel, François Hollande a regretté qu’un nombre suffisant de parlementaires ait pu être réuni pour la saisine des Sages. Les représentants de la FRA ont insisté sur la formidable opération d’ingérence politique organisée par l’Etat turc pendant la période de l’examen parlementaire de la proposition de loi. François Hollande a confirmé son attachement au combat contre le négationnisme du génocide arménien et s’est engagé à en relancer le processus, en tant que Président de la République, dans l’hypothèse ou le Conseil constitutionnel devait invalider la loi. François Hollande a accepté l’idée de légiférer au début de son mandat pour déconnecter cette question de tout enjeu électoral. Il a insisté sur le fait que sa position n’avait pas changé depuis 2006.
Au terme de l’entretien, Mourad Papazian a déclaré « qu’il n’avait « jamais été inquiet de la position de celui qui sera probablement le prochain Président de la République. Notre proximité politique avec François Hollande et le fait que nous l’avons soutenu très tôt, avant même le début de la campagne des primaires a renforcé le sentiment de confiance mutuelle qui anime notre relation. » Le co-Président de la FRA Dachnaktsoutioun a ajouté que « François Hollande mesure notre engagement en tant que partenaire politique et nous, nous constatons que de 2006 à 2012, il a démontré concrètement son attachement à notre cause, notamment par la constance de sa position concernant la loi sanctionnant la négation du génocide arménien. Nous savons qu’il s’est personnellement engagé pour que les groupes socialistes à l’Assemblée nationale et au Sénat s’expriment en tant que tel en faveur d’une proposition de loi issue d’une députée UMP. Et nous savons qu’en cas d’invalidation de la loi par le Conseil constitutionnel, François Hollande tiendra sa parole s’il est élu à la Présidence de la République. » Et pour conclure, Mourad Papazian a déclaré que « si le Conseil constitutionnel devait invalider la loi, alors il aurait intérêt à motiver son argumentation car nous ne nous laisserons pas faire. Si nous devions constater que la décision revêtait plus un caractère politique que juridique, nous nous engagerions dans une dénonciation publique sans précédent du Conseil constitutionnel ».
Paris, le 22 février
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Bureau Français de la Cause Arménienne
collectifvan.org

